Se former aux plantes médicinales : phytothérapie, aromathérapie, herboristerie

Se former aux plantes médicinales en France, c’est d’abord choisir entre trois chemins qui n’ont presque rien en commun : un diplôme universitaire réservé en pratique aux professionnels de santé, une école privée d’herboristerie, ou des stages courts pour un usage familial. Le bon choix dépend de ce que vous voulez faire des plantes une fois formé.

Pourquoi le mot « herboriste » prête à confusion

Le diplôme d’herboriste a été supprimé en France en 1941. Il n’a jamais été rétabli. Personne ne peut donc aujourd’hui sortir d’une formation avec un titre officiel d’herboriste, quel que soit le nom inscrit sur la plaquette de l’école.

Ce qui existe, c’est un cadre de vente. Depuis un décret de 2008, 148 plantes médicinales peuvent être vendues en dehors des pharmacies, sous certaines formes. Le reste relève du monopole pharmaceutique. Une formation sérieuse commence toujours par expliquer cette frontière, parce qu’elle détermine ce qu’on a le droit de conseiller et de vendre.

Les diplômes universitaires de phytothérapie et d’aromathérapie

Plusieurs facultés de pharmacie et de médecine proposent des diplômes universitaires (DU) de phytothérapie, et parfois d’aromathérapie. Ils durent en général une année, en cours du soir ou en sessions regroupées.

Ces DU s’adressent d’abord aux pharmaciens, médecins, sages-femmes, infirmiers et préparateurs en pharmacie. Certaines universités ouvrent quelques places à d’autres profils sur dossier, mais ce n’est pas la règle. Leur intérêt tient à la pharmacologie : composition chimique des plantes, interactions avec les médicaments, contre-indications. C’est la partie la plus utile, et la plus souvent survolée ailleurs.

Les écoles privées d’herboristerie

Les écoles d’herboristerie forment sur deux à trois ans, souvent à distance avec des stages pratiques. Une dizaine d’entre elles sont regroupées au sein de la Fédération française des écoles d’herboristerie, qui fixe un socle commun de programme.

On y apprend la botanique, la reconnaissance sur le terrain, la cueillette, le séchage, la préparation et les usages traditionnels. Le certificat délivré n’a pas valeur de diplôme d’État. Il compte surtout pour ceux qui veulent cultiver et vendre des plantes de la liste libre, comme producteur-cueilleur, ou animer des sorties et des ateliers.

Ce qu’il faut vérifier avant de s’inscrire

Le nombre d’heures de terrain, pas seulement de cours en ligne. La place donnée aux toxicités et aux interactions. Le profil des intervenants : un enseignant qui cueille lui-même, un pharmacien, un botaniste. Et le prix rapporté au volume horaire, qui varie du simple au triple d’une école à l’autre.

Les stages courts pour un usage familial

Pour soigner un rhume avec une tisane de thym ou garder trois huiles essentielles dans l’armoire, un DU ou trois ans d’école sont disproportionnés. Des stages d’une ou deux journées existent dans la plupart des régions : aromathérapie familiale, plantes du quotidien, premiers secours au naturel.

L’aromathérapie mérite une prudence particulière. Une huile essentielle est un concentré : quelques gouttes de certaines huiles sont toxiques pour un enfant ou un animal. Un bon stage passe plus de temps sur ce qu’il ne faut pas faire que sur les recettes.

Un peu d’histoire

Ces sujets étaient au cœur de l’association nantaise qui portait le nom Terre des Plantes, fondée en 1994 par un préparateur en pharmacie devenu formateur en phytothérapie. Elle faisait intervenir des phytothérapeutes, des aromathérapeutes et des herboristes. Son histoire est racontée sur la page D’où vient le nom Terre des Plantes. Ce site, indépendant, ne propose pas de formation ; il publie des articles sur les plantes et leurs usages dans la rubrique Plantes et bien-être naturel.